31.10.2010

Quand Genève s'ennuie

"Quand la France s'ennuie". C'est le titre d'un article prophétique, publié en mars 1968 dans Le Monde, deux mois avant que la France s'embrase, d'ennui. Comparaison n'est pas toujours raison, évidemment. Genève n'est pas Paris, la morosité des sixties conservatrices en France n'est pas celle du XXIe siècle genevois. Il n'en demeure pas moins que la Cité de Calvin vit un évènement encore totalement impensable il y a quelques semaines: la jeunesse sort dans les rues, exprime son mécontentement et revendique.

Lire la suite

21.10.2010

Affiche MCG: "Pire qu'un crime, c'est une faute"

Avec ses collègues, le président du Conseil d'Etat a donc interdit l'affiche abjecte du MCG. Le pire dans cet acte commis au nom du gouvernement n'est pas le "crime" à l'encontre de la liberté d'expression, mais bel et bien la "faute", oui, la "faute" politique, majeure.

Lire la suite

16.10.2010

Et Moa encore

Amusante, cette saga du Moa. On lit à son propos tout et son contraire, chacun s'en mêle, croit avoir quelque chose à dire, le poisson-volant y compris. Quelques faits l'interpellent toutefois suffisamment pour qu'il reprenne son clavier. A commencer par la mobilisation de la jeunesse, samedi 9 octobre, les atermoiements du Conseil d'Etat et les prises de position pour le moins iconoclastes des députés.

Lire la suite

06.09.2010

Scoop -La Grande muette sort de son mutisme

Ainsi, Ueli Maurer fait des caprices. En l'état, le conseiller fédéral ne peut pas, dit-il, assurer sa mission, qui consiste à être le chef de l'armée et, donc, à protéger la Suisse. Mais sait-il seulement ce qu'il s'y passe, dans son armée? Sait-il que plus rien, mais plus rien, ne fonctionne comme lorsqu'il fut une jeune recrue?

Lire la suite

31.08.2010

A Ueli Maurer: "Le tour de garde"

Ainsi, Ueli Maurer fait des caprices. En l'état, le conseiller fédéral ne peut pas, dit-il, assurer sa mission, qui consiste à être le chef de l'armée et, donc, à protéger la Suisse. Mais sait-il seulement ce qu'il s'y passe, dans son armée? Sait-il que plus rien, mais plus rien, ne fonctionne comme lorsqu'il fut une jeune recrue?

Lire la suite

25.08.2010

Peine de mort -Pour un garde-fous

Il y a eu l'asile, les pédophiles, les minarets. Aujourd'hui, les criminels étrangers et la peine de mort. Et demain? La stérilisation des Roms? Un «E» pour «étrangers» dans le passeport des naturalisés? Le suspense reste entier. Outre leur caractère simpliste, rétrograde et souvent inefficace, toutes ces initiatives ont ceci de commun: la couardise du Conseil fédéral. Ces objets confirment la nécessité de créer, en Suisse, une Cour constitutionnelle.

 

Lire la suite

24.08.2010

Sarkozy, les Roms et le fou du candélabre

Nicolas Sarkozy n'a rien inventé. On le sait, ses récents discours liant (in)sécurité et immigration n'ont d'autres résultats que, dans le meilleur des cas, de chiper quelques voix à l'électorat naturel du Front national. Le président français a également parlé des Roms, et c'est cet aspect de son "programme" qui nous intéresse ici. Ou plutôt qui nous rappelle un épisode bien genevois. Librement contée, cette histoire authentique a été pudiquement amputée de tout nom propre. Rappelez-vous, c'était en 2007. 

Lire la suite

12.08.2010

Philtre estival

Nouveau blog, premier message. Foin d'introduction, de palabres sur les intentions de cette tribune, entrons dans le vif du sujet. C'est l'été, il fait chaud, l'économie, la politique, tout tourne au ralenti. Les médias n'y échappent pas: les pères et mères de famille prennent la route des vacances, divisant au moins par deux l'effectif des rédactions. De toute façon, l'actualité, corollaire de l'apathie ambiante, frise le néant.

Oui, mais. Pour remplir les trous béants d'un univers productiviste à outrance durant dix mois et quasiment mort en juillet et août, radio et TV ont trouvé la parade: les sujets magazines. Très bien, nous y revenons plus loin. La presse écrite fait de même, mais elle s'arroge en plus le droit de réduire la pagination. Pas le prix, bien entendu. Une belle arnaque, finalement, que n'excusent pas les difficultés économiques que rencontrent les éditeurs depuis les années 1990. Exigeant au nom de la démocratie tout du long de l'année transparence, la presse n'est, à de rares exceptions près, pas capable d'appliquer à elle-même ce principe sacro-saint. Jamais un mot d'explication au lecteur, lui indiquant pourquoi le prix de son canard augmente, la pagination diminue, l'importance d'Internet, les bouleversements que cette technologie engendre. Pourtant, si la presse s'avère aussi vitale au débat démocratique par son rôle de “chien de garde” suivant la célèbre expression de la Cour européenne des droits de l’homme, qu'elle ne le prétend, le lecteur devrait grandement s'intéresser aux mutations qui l'affectent.  Au lieu de ça, les groupes de presse se comportent comme toutes les entreprises, l'hypocrite argument d'être au service du bien commun en plus. C'est regrettable pour deux raisons. D'une part, un surcroît de transparence pourrait sensibiliser davantage les lecteurs qui tiennent à leurs médias, leur faire prendre conscience des enjeux régissant l'économie de ce secteur, notamment lorsque le politique y touche (votations, lois sur la distribution, la liberté d'expression, etc.) D'autre part, il y va de leur crédibilité, puisque prôner quelque chose et faire son contraire ne suscite que le mépris.

Quant aux séries d'été, reportages et autres enquêtes, légion durant les grandes vacances, ils débouchent, dans les médias de référence, sur de très belles choses. Tout à coup, on s'extrait du rythme infernal dicté par l'actualité pour prendre le temps, contempler, approfondir des questionnements, etc. Rien à redire, ici. Dans les médias plus populaires en revanche, et là sont inclues les chaînes de télévisions, cette période devient prétexte à la médiocrité, au remplissage, au futile. Une pure vue de l'esprit, fort répandue dans les rédactions, voudrait que le lecteur ne s'intéresse à rien de sérieux pendant deux mois, aspire à la légèreté.

Au final, si l'on ajoute la futilité à la réduction du nombre de pages et le fléchissement de l'actualité, on se demande pourquoi les lecteurs paieraient encore pour un tel “produit”, suivant un terme en vogue chez les éditeurs. Partout, face aux difficultés auxquelles fait face la presse, directeurs et rédacteurs en chef serinent la nécessité d'apporter une “réelle” plus-value, de miser sur la qualité, de se distinguer des hordes de blogueurs sauvages par une écriture de qualité, la recherche d'angles pertinents, une hiérarchisation de l'information, une rigueur inflexible dans la vérification des faits, bref, par tout ce qui fait des journalistes ce qu'ils sont. En un mot: des professionnels. Tout le contraire de ces beaux discours finit par remplir des colonnes entières dans les journaux. Vous voulez des exemples ? On y reviendra. C'est l'été, il fait chaud, tout tourne au ralenti.

1